Chapitre Premier, Verset 2 : la Glande
Avant tout, non, je ne vais pas parler des glandes biologiques, alors avant de commencer ce verset, je souhaiterai saluer et rendre hommage à toutes les glandes dont il ne sera pas question ici : merci aux glandes sudoripares (qui provoquent la sueur), aux glandes pituitaires et thyroïdes (qui produisent des hormones), un grand bravo aux glandes surrénales (responsables du stress) et aux glandes prostatiques (qui produit le liquide séminal, pour le sperme) aux glandes pinéales (qui régulent notre horloge biologique). Je crois que nous pouvons poursuivre les félicitations aux glandes mammaires (plus besoin de dessins) ainsi qu'aux glandes parotides et submandibulaires (qui sécrètent toutes deux la salive). Et spécial dédicace aux glandes uropygiennes (qui permettent de graisser le plumage des oiseaux), aux glandes sébacées (qui lubrifient le poil), lacrymales (qui sécrètent les larmes).
Oui, ce n'est d'aucunes de ces glandes dont il sera questions ici. Nous parlerons juste de la glande. La Glande. La glandouille. L'art de ne rien faire, de le revendiquer, mais de jouer un minimum pour que l'on pense quand même que l'on travaille (cette dernière donne est trèès importante, l'essence même de la Glande).
Pourquoi la glande? Qu'est-ce que cela a de bons?
-la glande permet tout d'abord de profiter de la vie. Qui a dit, maintenant il faut travailler pour vivre? Même la Bible, le Coran, ou l'Evangile du Monstre en spaghettis volant (qui est réellement un livre religieux) ne demandent pas de travailler! Travailler pour gagner de l'argent, encore moins.
-la glande est l'un des chemins de la réussite, parce que rien ne garanti qu'un long travail et de longue haleine sera au final récompensé. En glandant, au moins, on ne peut pas être déçu : si l'on est pas récompensé, on sourit, on n'a rien mérité. Si l'on est récompensé, on sourit, on n'a rien mérité, mais on a quand même! Et je vous assure que travailler est loin d'être une garantie de réussite...
-la glande repose le méninge. C'est vrai quoi, avec la durée de vie actuelle, vous avez pensé au temps incroyable que votre cerveau est obligé de passer à travailler? Imaginez un ordinateur qui bosse non-stop pendant 75ans! De toute façon, yen a pas! (peut-être parce qu'il y a 75ans, les ordinateurs n'existaient pas...). Alors pour une durée de vie maximale, mettez votre cerveau en veille, grâce à la glande. Comme ça, pas de bug, pas de page bleue, et encore moins de grosse facture d'électricité!
-la glande repose le muscle. Oui! C'est vrai quoi, avec la durée de vie actuelle, vous avez pensé au temps incroyable que vos muscles sont obligés de passer à se contracter? Imaginez un ordinateur dont le clavier est frappé non-stop durant 75ans! De toute façon, yen a pas! (peut-être parce qu'il y a 75ans, les claviers n'existaient pas...) Alors pour une durée de vie maximale, mettez vos muscles au repos, grâce à la glande. Comme ça, pas de ratures, pas de déconnections de clavier, et encore moins de touches cassées!
-la glande calme le stress. Imaginez, vous devez travailler. Vous avez votre boulot, vos bouquins face à vous. Vous tremblez tellement vous craignez de rater ce que vous allez faire, ou d'oublier. Et bien si l'on glande (en regardant les mouches voler, en jouant avec son crayon, en se demandant combien de calories il a fallut donner à votre lecteur pour qu'il face 512 kilos) on oublie, hop, fini le stress. La glande demande une grande concentration qui a pour effet d'effacer les devoirs (en plus vos collègues seront impressionnés, en voyant les bouquins autour de vous, en pensant que vous êtes en train de bosser comme un taré, alors que vous ne faites que penser au nombre de cailloux que vous avez versé dans la litière de votre chat ce matin).
-la glande permet d'oublier. Je l'ai un peu évoqué précédemment, mais si vous avez un soucis, un chagrin, une déprime, une envie de suicide ou de meurtre, hop, une tite glandouille. La concentration nécessaire à une bonne glande est tellement importante, que toute la pensée s'y fixe, faisant oublier tous les tracas. Regardez, exemple : vous allez vous pendre. C'est dommage. Vous avez la corde devant vous, prête à accueillir votre cou. Et ben là, si vous décider de donner un coup de main dans la corde, à la manière d'un chat avec ses petites pattes dans une ficelle, et que vous continuez, vous allez oublier que c'est ce truc qui va vous donner la mort! Et vous n'y verrez qu'un jeu amusant, devant lequel vous baverez même de plaisir.
La glande est donc un plaisir. Un plaisir qui fait revivre d'autres plaisirs simples. La glande, si elle ne peut avoir un but compliqué (vu que c'est toujours la recherche de l'absence de réelle pensée), peut malgré tout être complexe (certains glandent en essayant de compter les acariens, ou en multipliant des nombres impossibles). Mais que ferions nous, que serait donc cette planète, cette Terre, ce monde, sans la glande??
-Sans la Glande, les notes du Bac chuteraient, et le taux de suicide ferait l'inverse
-Plus de glande, et Indiana Jones 4 serait sorti il y a cinq ans
-Si nous ne pouvions plus glander, le hamac, l'ordinateur, le canapé, les ficelles, les ptites bouboules, la poussière, les jeux sur les portables n'existeraient pas
-Si les gens ne glandaient pas, les terrasses de café n'existeraient pas, tout comme les vacances qui vont avec
-Sans la glande, les journaux ne seraient lus que par une minorité d'intellectuels repentis (en effet, rien de mieux pour faire croire que l'on est occupé alors que l'on observe juste les dessins qu'un bon journal. Et pis ça fait sérieux! ça épate les amis, la famille, les inconnus, sa femme, et même ses tortues)
-Si nous ne glandions pas, nous travaillerions! (et je crois que c'est le plus inimaginable)
Apôtre de la Glande : Hugh Hefner
Alors bien sûr, la Glande n'est pas parfaite. La Glande n'assure pas le logis, n'assure pas le repas, n'assure pas les besoins vitaux. Mais...Mais nous en avons besoin. Les gens qui ne glandent pas, jamais, sont tristes, ternes, même ceux qui ne le savent pas car ils se suffisent de leur supériorité (bien sûr, nous, les glandeurs, nous ne serons jamais l'égal du travailleur sérieux et consciencieux, qui n'accorde aux loisirs de toute sorte qu'un dénis profond). La vie peut elle se faire sans moment de rien? Pouvons nous exister, sans mettre jamais au repos notre cerveau, nos connaissances, nos cultures? Je ne pense pas que se tourner les pouces soit une honte, je ne pense pas que l'on puisse faire une fronde à ceux qui se calent dans un coin pour oublier, ou à ceux qui au travail lèvent le nez au plafond et se demandent combien de personnes ont déjà touché cet endroit. De plus glander permet d'apprendre, d'imaginer, de penser d'une autre manière (aussi paradoxalement que cela puisse paraître, vu que glander, c'est justement l'art de ne plus penser). L'imagination est une donnée intégrante de la glande, tout comme c'est une donnée intégrante du bonheur.
Tout a son importance. Tout a son utilité, même le déni de ce qui est utile.
C'est pour cela que je ne peux pas m'empêcher de dire...Vive la Glande!